Travail · Suisse · Fribourg Cantonal Court (Freiburger Kantonsgericht)
Un forestier condamné après la chute d'un arbre – Le secteur forestier inquiet
Un forestier suisse a été condamné pour lésions corporelles par négligence après qu'un arbre soit tombé sur une randonneuse en 2020, la laissant paraplégique. La décision provoque une onde de choc dans la profession forestière qui craint que le jugement n'impose des normes de sécurité irréalistes.

En 2020, une femme en promenade dans la région de Veveyse, canton de Fribourg, a été frappée par un arbre tombant, ce qui l'a laissée définitivement paraplégique. Bien qu'un tribunal de première instance ait initialement acquitté le forestier responsable, la femme blessée a contesté cette décision. La Cour cantonale de Fribourg a annulé l'acquittement et condamné le forestier pour lésions corporelles graves par négligence à une amende suspendue de 20 unités de pénalité quotidiennes. Le tribunal a jugé que le forestier aurait dû inspecter chaque arbre le long du sentier très fréquenté ou fermer le chemin. Cette décision alarme les professionnels forestiers de toute la Suisse, qui craignent qu'elle ne crée un précédent établissant des normes de diligence impossibles à respecter en pratique, risquant de forcer la fermeture de nombreux sentiers de randonnée.
Faits marquants
- En 2020, un arbre est tombé sur une randonneuse dans le district de Veveyse, canton de Fribourg, la laissant paraplégique.
- Un tribunal de première instance a d'abord acquitté le forestier responsable de cette section de forêt.
- La femme blessée a fait appel de l'acquittement.
- La Cour cantonale de Fribourg a condamné le forestier pour lésions corporelles graves par négligence.
- La condamnation est une amende suspendue de 20 unités de pénalité quotidiennes.
- Le tribunal a estimé que le forestier aurait dû inspecter chaque arbre le long du sentier très fréquenté ou fermer le chemin.
- Les professionnels forestiers craignent que le jugement n'impose une obligation d'inspection irréaliste pouvant forcer la fermeture généralisée des sentiers.
- Le changement climatique accélère le dépérissement des arbres, augmentant les risques auxquels font face les forestiers.
- Le nombre de visiteurs en forêt a fortement augmenté depuis la pandémie de COVID-19.
- Le canton de Vaud engage des discussions pour développer des directives plus claires en matière de gestion des risques en forêt.
La forêt sur le banc des accusés
Le forestier ne siège pas comme un criminel sur le banc des accusés. Il y siège comme quelqu'un qui a compté les arbres sa vie durant et qui se voit soudain compté lui-même.
Devant lui gisent des dossiers. Derrière lui s'étend la forêt.
La salle du tribunal cantonal de Fribourg paraît sobre. Bois clair, tables immaculées, écrans d'ordinateur. Mais par les fenêtres ouvertes entre un été qui semble étrangement paisible. On pourrait presque oublier pourquoi on est assis ici. Il ne s'agit pas d'un meurtre, pas d'un vol, pas d'une intrigue. Il s'agit d'un arbre.
Un seul arbre.
Il avait été silencieux pendant des décennies. Il avait dispensé de l'ombre, perdu ses feuilles, porté des oiseaux. Puis un jour il s'est effondré et a enseveli sous son poids la vie entière d'une femme.
Depuis, elle est en fauteuil roulant.
L'arbre se tait.
Les juges doivent parler pour lui.
La victime regarde calmement vers l'avant. Celui qui ne la connaît pas ne remarque d'abord que le fauteuil roulant. Ce n'est que plus tard qu'il devient clair que ce fauteuil roulant n'est pas le jugement véritable – mais son préhistoire.
Elle était allée se promener.
Non sur un sentier interdit. Non pendant une tempête. Non dans une nuit d'orages.
Un jour d'été.
Un sentier pédagogique.
Un lieu de pique-nique.
Puis la forêt s'est effondrée.
On raconte habituellement ces accidents en une seule phrase : Un arbre est tombé.
Mais entre « se tenait debout » et « est tombé » s'écoulent parfois des décennies – et maintenant plusieurs milliers de pages de documents judiciaires.
Le juge président parle sur un ton factuel.
« L'arbre était-il manifestement dangereux ? »
Une question simple.
Le forestier lève à peine la tête.
« Une forêt ne se compose pas d'arbres isolés. »
La phrase reste suspendue dans l'air.
Un expert répond.
« En un lieu particulièrement fréquenté, chaque arbre doit être évalué individuellement. »
Chaque.
Ce petit mot sonne plus lourd que le tronc d'un hêtre.
La défense brosse le portrait d'une forêt qui ne peut jamais être complètement maîtrisée.
On ne peut pas gérer une forêt comme un parking.
On ne peut pas contrôler des millions d'arbres chaque jour.
La nature reste la nature.
Elle vieillit.
Elle meurt.
Elle tombe.
Le ministère public répond tout aussi calmement.
« Ici, il ne s'agissait pas de n'importe quelle forêt. »
Il montre des photographies aériennes.
Le lieu de pique-nique.
Le sentier pédagogique.
Le banc.
C'est précisément là que les gens s'attardent.
C'est justement là que la prudence doit être particulière.
La discussion change.
Soudain, ce n'est plus l'arbre qui est au banc des accusés.
Pas même le forestier.
C'est la question qui se pose : à quel point la nature doit-elle être sûre ?
Le forestier paraît fatigué.
Il ne connaît pas les gros titres.
Il connaît les insectes.
La sécheresse.
Les attaques de champignons.
Les tempêtes.
Depuis des années, de plus en plus d'arbres meurent.
Le changement climatique accélère ce qui prenait autrefois des décennies.
Dans le même temps, de plus en plus de gens arrivent.
Depuis le Covid, ils cherchent la détente en forêt.
Le forestier ne décrit pas son quotidien comme celui d'un employé.
Il le décrit comme celui d'un homme qui lutte contre le temps.
« On ne peut pas regarder chaque arbre. »
La phrase ne sonne pas comme une excuse.
Plutôt comme une capitulation.
Les juges se retirent.
On attend.
Personne ne parle.
Seul le papier frissonne.
Quand le jugement est rendu, la salle change à peine.
Coupable.
Lésions corporelles graves par imprudence.
Vingt jours-amendes avec sursis.
Pas de prison.
Et pourtant, aucun vainqueur ne quitte la salle.
La femme reste paraplégique.
Le forestier reste forestier.
Seule sa profession a changé.
Dehors, les arbres bruissent.
Ils ne savent rien des paragraphes.
Ils ne connaissent ni l'imprudence ni l'obligation de sécurité.
Ils poussent.
Ils vieillissent.
Ils meurent.
Et parfois ils tombent.
Mais depuis ce jugement, ce n'est plus seulement un arbre qui tombe.
Avec lui tombe une certitude vieille de décennies.
Que la forêt soit un lieu où la nature puisse écrire ses propres lois.
Désormais, les tribunaux y écrivent aussi.
Si le dernier chapitre est déjà écrit ne sera pas décidé dans cette salle.
C'est au Tribunal fédéral que ce sera décidé.
Jusque-là, la forêt reste la même.
Seul le regard sur elle a changé.
Analyse approfondie
Le 9 juillet 2020, deux femmes prenaient une pause à une table de pique-nique sur un sentier didactique officiel dans la forêt de la municipalité de Le Flon (district de la Veveyse, canton de Fribourg, Suisse) quand un hêtre mort s'est abattu et a frappé l'une d'elles, causant une paraplégie complète (lésion médullaire complète entraînant une paralysie de la taille vers le bas). La femme blessée a déposé une plainte pénale en septembre 2020 contre des personnes inconnues. Les enquêtes se sont concentrées sur le garde forestier responsable et, par moments, sur un officiel municipal. En première instance, le garde forestier a été acquitté. La femme blessée a interjeté appel. En juillet 2026, la Cour cantonale de Fribourg a annulé l'acquittement et a condamné le garde forestier pour lésions corporelles graves par négligence. La cour a jugé que l'arbre était mort et pourri et aurait été reconnaissable comme dangereux lors d'une inspection minutieuse, compte tenu de sa localisation directement au-dessus d'une aire de pique-nique sur un sentier public officiel où les visiteurs étaient expressément invités à s'attarder. La cour a conclu que la zone aurait dû être sécurisée, fermée ou l'arbre abattu. La peine imposée a été de 20 jours-amendes de 180 francs suisses chacun, avec sursis et période probatoire de deux ans — signifiant aucun emprisonnement. Le garde forestier n'accepte pas le verdict et a l'intention d'interjeter appel auprès de la Cour suprême fédérale suisse, soutenu par le canton de Fribourg dont le conseiller d'État Didier Castella a déclaré publiquement que soumettre les gardes à un devoir d'inspection impossible est déraisonnable étant donné plus d'un million d'arbres dans un district typique. L'affaire soulève une question juridique fondamentale concernant l'étendue des obligations de sécurité publique dans les forêts : l'État doit-il rendre les sentiers forestiers officiels et les aires de repos pratiquement sans risque, ou les visiteurs assument-ils eux-mêmes un certain degré de risque naturel ? Les reportages médiatiques ont parfois généralisé le jugement comme exigeant l'inspection de chaque arbre le long de chaque sentier de randonnée, mais le raisonnement de la cour semble s'être concentré de façon plus étroite sur la zone particulièrement sensible entourant immédiatement l'aire de pique-nique. L'issue devant la Cour suprême fédérale pourrait établir un précédent contraignant affectant les obligations d'inspection, l'exposition à la responsabilité des gardes, la fermeture des sentiers et les coûts pour les municipalités et les opérations forestières dans toute la Suisse — et présente une pertinence pour la politique d'accès aux forêts dans de nombreux autres pays.
Chronologie
Le déroulement des événements de cette affaire, des faits jusqu'à la décision finale du tribunal, dans l'ordre présenté par le tribunal lui-même.
9 juillet 2020
Faits
Deux femmes font une pause à une table de pique-nique sur un sentier didactique officiel dans la forêt de Le Flon. Un hêtre mort s'abat sur l'une d'elles, causant une paraplégie complète.
Septembre 2020
Enquête
La femme blessée dépose une plainte pénale contre des personnes inconnues. Les enquêtes se concentrent sur le garde forestier responsable et, à certains moments, sur un officiel municipal.
Date non précisée dans le jugement
Procès (première instance)
Le garde forestier est acquitté en première instance.
Date non précisée dans le jugement
Appel
La femme blessée interjette appel contre l'acquittement.
Juillet 2026
Jugement (Cour cantonale)
La Cour cantonale de Fribourg annule l'acquittement et condamne le garde forestier pour lésions corporelles graves par négligence. Peine : 20 jours-amendes de 180 CHF chacun, entièrement avec sursis avec une période probatoire de deux ans.
En attente — date non précisée dans le jugement
Appel (Cour suprême fédérale)
Le garde forestier refuse d'accepter le verdict et envisage de porter l'affaire devant la Cour suprême fédérale suisse. Le canton de Fribourg soutient cet appel ultérieur. Le conseiller d'État Didier Castella s'oppose publiquement à soumettre les gardes à un devoir d'inspection impossible.
Force des preuves
Le poids accordé à chaque preuve dans le raisonnement du tribunal — une barre plus longue et plus foncée signifie que le tribunal s'y est davantage appuyé pour sa décision. Cela reflète le raisonnement du tribunal, pas une appréciation indépendante de l'affaire.
L'arbre était mort et pourri au-dessus d'une aire de pique-nique publique désignée sur un sentier didactique officiel
95/100L'état dangereux était évaluable comme reconnaissable par une inspection minutieuse
80/100Aucune mesure de sécurité (barrière, fermeture, abattage) n'a été mise en place par le forestier pour cette zone
75/100La gravité de la blessure (paraplégie complète) établissant le sérieux de la lésion corporelle
60/100Personnes impliquées
Les personnes citées dans le jugement et le rôle joué par chacune — par exemple l'accusé, un témoin ou un expert.
Non précisé dans le jugement
Défendeur / Partie condamnée · Garde forestier responsable de la zone forestière de Le Flon, district de la Veveyse, canton de Fribourg
Non précisé dans le jugement
Victime / Demandeur au civil / Appelante · Usagère du public utilisant le sentier didactique officiel
Non précisé dans le jugement
Témoin / Accompagnatrice · Deuxième femme présente à l'aire de pique-nique au moment de l'incident
Non précisé dans le jugement
Personne d'intérêt au cours de l'enquête · Officiel municipal
Didier Castella
Partisan politique d'un appel ultérieur · Conseiller d'État, canton de Fribourg
Pourquoi le tribunal a décidé ainsi
Les motifs du jugement tels qu'énoncés par le tribunal, dans l'ordre où ils apparaissent — pas un classement par importance juridique, simplement l'ordre de présentation.
- L'arbre mort et pourri était situé directement au-dessus d'une aire de pique-nique désignée où les visiteurs étaient explicitement invités à se reposer, créant un devoir de diligence renforcé pour cette zone spécifique
- La cour a jugé que l'arbre était visiblement mort et décadent, et aurait pu être identifié comme dangereux par une inspection minutieuse
- Le forestier responsable n'a pas sécurisé, fermé ou abattu l'arbre malgré son état dangereux dans une zone à forte fréquentation
- La cour a jugé que la zone entourant l'aire de pique-nique constituait une zone particulièrement sensible nécessitant des mesures de sécurité actives, par opposition à un devoir général d'inspecter chaque arbre de la forêt
- La localisation était située directement à côté d'un sentier officiel de la nature, renforçant davantage la prévisibilité de la présence du public et le devoir de diligence associé
Questions fréquentes
Que s'est-il passé dans cette affaire ?
Le 9 juillet 2020, une femme était assise à une table de pique-nique sur un sentier didactique officiel dans la forêt de Le Flon, canton de Fribourg, en Suisse, quand un hêtre mort s'est abattu et l'a frappée. Elle a souffert d'une paraplégie complète. Elle a par la suite déposé une plainte pénale, et après annulation d'un acquittement en première instance, le garde forestier responsable a été condamné pour lésions corporelles graves par négligence en juillet 2026.
Qui a été condamné et pour quel délit ?
Le garde forestier responsable a été condamné pour lésions corporelles graves par négligence par la Cour cantonale de Fribourg en juillet 2026.
Quelle peine la cour a-t-elle imposée ?
La cour a condamné le garde forestier à 20 jours-amendes de 180 francs suisses chacun, entièrement avec sursis avec une période probatoire de deux ans. Cela signifie qu'aucun emprisonnement n'a été exécuté.
Qu'est-ce qu'un jour-amende dans le droit pénal suisse ?
Un jour-amende est une unité de sanction pécuniaire utilisée dans le droit pénal suisse. Le nombre d'unités reflète la gravité de l'infraction, tandis que le montant par unité est calibré selon les moyens financiers du contrevenant. En l'espèce, 20 jours-amendes de 180 CHF chacun ont été imposés, totalisant 3 600 CHF, mais la peine a été mise avec sursis.
Qu'est-ce que cela signifie que la peine est mise avec sursis ?
Une peine avec sursis signifie que le condamné n'a pas à payer les amendes à condition qu'il respecte les conditions — ici une période probatoire de deux ans — et ne commette pas d'autres infractions. S'il viole les conditions, la peine avec sursis peut être mise à exécution.
Pourquoi le garde forestier a-t-il été considéré comme responsable ?
Selon les conclusions de la cour, le hêtre était mort et pourri et aurait pu être reconnu comme dangereux lors d'une inspection minutieuse. L'arbre était situé directement au-dessus d'une aire de pique-nique sur un sentier public officiel où les visiteurs étaient expressément invités à s'attarder. La cour a conclu que la zone aurait dû être sécurisée, fermée ou l'arbre abattu.
Quel a été le résultat en première instance ?
En première instance, le garde forestier a été acquitté. La femme blessée a interjeté appel de cet acquittement, et la Cour cantonale de Fribourg l'a annulé, entraînant la condamnation.
Quel devoir juridique était au cœur de cette affaire ?
Le concept juridique central est le devoir de sécurité du trafic — l'obligation d'assurer la sécurité publique dans les zones ouvertes au public. L'affaire soulève la question de l'étendue de ce devoir dans les zones forestières, notamment aux zones de repos désignées sur les sentiers officiels.
Le jugement signifie-t-il que chaque arbre le long de chaque sentier de randonnée doit être inspecté ?
Non, selon le raisonnement propre de la cour tel que décrit. Les reportages médiatiques ont parfois généralisé le jugement de cette façon, mais l'analyse de la cour semble s'être concentrée de manière plus étroite sur la zone entourant l'aire de pique-nique — un endroit où le public était spécifiquement invité à s'arrêter et à se reposer.
Pourquoi le fait que ce soit une aire de pique-nique a-t-il une importance juridique ?
Le raisonnement de la cour suggère qu'un lieu où le public est expressément invité à s'attarder crée un devoir de diligence renforcé par rapport à un sentier ordinaire. Les visiteurs à une table de pique-nique sont stationnaires et plus exposés aux dangers venant d'en haut, et l'invitation à se reposer là-bas implique un certain degré d'assurance de sécurité par l'autorité responsable.
L'affaire est-elle définitive ?
Non. Le garde forestier a indiqué son intention d'interjeter appel auprès de la Cour suprême fédérale suisse, et le canton de Fribourg a publiquement déclaré son soutien à cet appel. L'affaire n'est donc pas définitive selon les informations fournies.
Pourquoi le canton de Fribourg soutient-il l'appel du garde ?
Le conseiller d'État du canton a déclaré publiquement que soumettre les gardes à un devoir d'inspection portant sur plus d'un million d'arbres dans un district typique est déraisonnable et impraticable. Le canton semble considérer que le devoir imposé par la condamnation est disproportionné.
Quel précédent la Cour suprême fédérale pourrait-elle établir ?
Un jugement de la Cour suprême fédérale pourrait établir des normes nationales contraignantes concernant les obligations d'inspection des gardes forestiers, l'étendue du devoir de sécurité du trafic sur les sentiers publics, l'exposition à la responsabilité des municipalités et cantons, et si les visiteurs des zones naturelles assument un degré de risque inhérent. Elle pourrait aussi influencer la politique de fermeture des sentiers et les coûts de gestion forestière dans toute la Suisse.
Cette affaire pourrait-elle avoir des implications en dehors de la Suisse ?
L'affaire est notée comme ayant une pertinence pour la politique d'accès aux forêts dans de nombreux autres pays, étant donné que la tension entre les obligations de sécurité publique et le caractère naturel des forêts est une question commune dans les juridictions qui gèrent les sentiers forestiers publics.
Quelle blessure la victime a-t-elle subie ?
La victime a souffert d'une paraplégie complète — une lésion médullaire complète entraînant une paralysie de la taille vers le bas — quand l'arbre hêtre mort s'est abattu et l'a frappée.
Comment la procédure pénale a-t-elle commencé ?
La femme blessée a déposé une plainte pénale en septembre 2020 contre des personnes inconnues. Les enquêtes se sont ensuite concentrées sur le garde forestier et, à certains moments, sur un officiel municipal.
Un officiel municipal a-t-il été finalement poursuivi ou condamné ?
Le résumé indique qu'un officiel municipal a parfois été au cœur de l'enquête, mais la condamnation décrite est uniquement celle du garde forestier. Aucune condamnation d'un officiel municipal n'est mentionnée dans le résumé du jugement.
Quel type d'arbre a causé la blessure et pourquoi cela a-t-il de l'importance ?
L'arbre était un hêtre mort. La cour a jugé qu'il était pourri et que son état dangereux aurait pu être reconnu par une inspection minutieuse. L'espèce est pertinente car les hêtres morts sont connus en foresterie pour perdre rapidement leur intégrité structurelle, ce qui influe sur la prévisibilité du danger.
Quel débat politique plus large cette affaire a-t-elle déclenché ?
L'affaire soulève une question fondamentale : l'État doit-il rendre les sentiers forestiers officiels et les aires de repos pratiquement sans risque, ou les visiteurs des milieux naturels acceptent-ils un degré de risque naturel inhérent ? L'issue affectera la façon dont les autorités suisses équilibrent l'accès public aux forêts par rapport aux obligations de sécurité et aux coûts pratiques et financiers de la conformité.
Où exactement l'accident s'est-il produit ?
L'accident s'est produit sur un sentier didactique officiel dans la zone forestière de la municipalité de Le Flon, district de la Veveyse, canton de Fribourg, en Suisse.
Quelles mesures pratiques la cour semble-t-elle avoir attendues du garde ?
Sur la base des conclusions de la cour, les mesures attendues étaient de sécuriser la zone, de la fermer au public ou d'abattre l'arbre mort et pourri — notamment compte tenu de sa position directement au-dessus d'une aire de pique-nique sur un sentier officiel où les visiteurs étaient invités à s'attarder.
Le garde pourrait-il faire face à une responsabilité civile en plus de la condamnation pénale ?
Le résumé du jugement traite uniquement de la procédure pénale. Que des procédures civiles en dommages-intérêts aient été engagées ou le seront n'est pas précisé dans le jugement tel que résumé.
Pourquoi c'est important
Ce jugement élève considérablement le standard de diligence attendu des forestiers à un niveau que les critiques jugent inatteignable en pratique, risquant de créer un précédent qui pourrait forcer la fermeture de nombreux sentiers de randonnée publics. Il met en lumière la tension fondamentale entre le droit à l'accès libre aux forêts et la responsabilité juridique en cas d'accident dans un environnement naturel incontrôlable. Le secteur forestier suisse demande désormais des directives statutaires plus claires définissant ce qui constitue une gestion adéquate des risques.
Sources
Part des délits culpeux en Suisse
Où se produisent le plus d'accidents en Suisse ?
Après le jugement – Réflexions
On demande toujours comment un jugement aurait pu être évité. On pose la même question à un toit après qu'il s'est effondré, à un navire après qu'il a coulé, ou à un homme après que son cœur a cessé de battre. Avant, presque personne ne la pose.
Le forestier aurait peut-être pu regarder chaque arbre. Il aurait pu frapper chaque tronc avec un petit marteau, scruter chaque couronne à la jumelle, faire abattre chaque branche pourrie. Alors peut-être cet arbre ne serait pas tombé.
Peut-être, mais un autre l'aurait fait.
Car la forêt n'est pas un mécanisme d'horlogerie. Elle est plus vieille que tous les paragraphes et vivra plus longtemps qu'eux.
On demande comment le forestier aurait pu réduire sa peine.
Peut-être aurait-il dû pleurer.
Les tribunaux n'aiment pas les larmes, mais ne s'en méfient pas. Un homme qui dit : « J'ai tout fait correctement » offense parfois la souffrance de la victime, bien qu'il dise la vérité. Un homme en revanche qui dit : « Je n'oublierai jamais cette femme » ne parle pas de culpabilité, mais d'humanité. Et parfois l'humanité pèse davantage devant le tribunal que la logique.
On parle de son avocat.
L'avocat a défendu le forestier.
Peut-être aurait-il dû défendre l'homme.
Il a parlé de gestion forestière, de directives professionnelles, de dangers naturels, de hêtres morts et d'obligations de sécurité. Tout était juste. Tout était raisonnable.
Il ne manquait qu'une chose.
La femme.
On ne doit jamais oublier devant le tribunal qu'au début de chaque dossier se trouve un être humain. Les juges jugent selon les lois. Mais ils écoutent d'abord des histoires.
Peut-être l'avocat de la défense aurait-il dû dire :
« Mon client n'a voulu aucun mal à cette femme. Il portera le jour de son malheur avec lui jusqu'à la fin de ses jours. Il ne demande pas au tribunal de la pitié. Il demande seulement qu'on ne le considère pas comme tout-puissant. Il est devenu forestier parce qu'il aime les arbres. Pas parce qu'il règne sur eux. »
Peut-être cette phrase n'aurait-elle rien changé.
Peut-être tout.
Et enfin on se demande ce qu'aurait pu faire le juge.
Était-il sévère ?
Était-il injuste ?
Était-il poussé par l'esprit du temps ?
Non.
Il était juge.
Les juges jugent rarement seulement l'homme devant eux. Ils jugent toujours aussi pour ceux qui viendront demain.
Il y a cinquante ans, peut-être l'arbre aurait-il été coupable.
Aujourd'hui, on cherche le responsable.
Demain, peut-être interrogera-t-on le législateur.
C'est ainsi que la culpabilité voyage à travers les temps comme un solitaire qui marche seul en forêt.
Et le forestier ?
Il marchera à nouveau entre les hêtres.
Mais désormais, chaque branche morte qui craquera au-dessus de lui ne sonnera plus seulement comme du bois.
Elle sonnera comme un jugement.